dimanche 20 décembre 2015

Chaos et passerelles



Cette année finit plutôt comme elle a commencé : dans le chaos.











Les dangers sont bien présents si l'on n'y prend garde...


Heureusement, quelques passerelles, aussi rustiques soient-elles, devraient nous permettre de gagner sans encombre l'autre rive.



lundi 16 novembre 2015

Kañv e pep lec'h


Drapeau en berne ici aussi après les atrocités commises à Paris par des barbares.

mardi 22 septembre 2015

Anamorphose

J'étais aujourd'hui au château rose. Œil d'enfant et esprit joueur, j'ai beaucoup apprécié le traitement que lui a infligé l'artiste suisse Felice Varini.







Ses Zigzags, réalisés avec des bandes de papier aluminium perturbent de façon surprenante et ludique les perspectives de ce monument historiciste.
Le soleil changeant d'un ciel de traîne jouait aujourd'hui avec le métal brillant et conférait un aspect dynamique aux masses roses de la brique, grises de la pierre de Kersanton, et bleues de l'ardoise. 








Dépêchez-vous de venir enchanter votre regard dans ce haut lieu des montagnes Noires bretonnes, l'installation n'y est en place que jusqu'au 11 octobre. Le château quittera alors son déguisement rock 'n' roll et retrouvera un visage plus sage, jusqu'au printemps prochain.

dimanche 23 août 2015

Pelec'h emaon? Où suis-je?


De nouveaux repères à prendre... Pour rejoindre la grand route et filer vers la ville où m'attend le travail, je dois dépasser "le chemin profond" (Karrhent Don), "le bout du ruisseau" (Penn ar Voëz) et ne pas oublier de tourner à 90° en direction de Kerlogan (j'ai encore tendance à continuer vers."le village du marais", Kervern).



De ma fenêtre, je vois désormais une crête du Menez Du (les Montagnes Noires), la "montagne" de Laz, une colline à vrai dire, qui culmine à 264 m.


J'ai essayé de me faire aux distractions locales :


Il y a eu deux gagnants cette année, la vache du destin a lâché la bouse de la fortune sur le trait séparant deux des cases tracées sur la prairie...

La mer me manque déjà. Je préfère la sardine à la bouse :


Elle est à moins d'une heure de route, ça devrait aller!

dimanche 5 juillet 2015

Essa é minha praia (chanson connue)



Sable blanc (toujours), tamaris et oyats, eau bleue (et verte et grise), ciel d'azur (pas exclusivement, profitons-en): un retour aux joies de l'enfance.

Et, comme elle est filmée, ma plage, on peut choisir le meilleur moment pour y aller.
Big Brother n'étant pas mon copain et, par ailleurs, n'ayant pas spécialement d'appétence pour Dog TV (la télévision pour les chiens), je craignais le pire. Mais non, le traitement de l'image est tel que l'intimité des personnages aperçus est préservée. Et le jeu des marées sur ce sable mille fois foulé -et pourtant toujours attirant- est un antidote à la morosité.

mercredi 1 juillet 2015

Pollution en direct

Ce matin le Froud ressemblait aux rivières de Canaan, "terre où coulent le lait et le miel".
Une laiterie industrielle située en amont aurait-elle subi une avarie?

Eh bien non... Un hypermarché tout juste repeint a été lessivé par des pluies d'orage. Voilà le résultat.

lundi 22 juin 2015

Un Jonas raté

Je me croyais sauvé, recraché sur le rivage par le monstre marin.


Mais il m'a ravalé...


samedi 6 juin 2015

Pourpre



Dans le collines, la vedette du moment est la digitale, la fleur annonciatrice de l'été.




Depuis la nuit des temps, des générations d'enfants ont spontanément enfilé leurs doigts dans ces belles fleurs pourpres, d'où leur nom en bien des langues : digitales, fox gloves, Fingerhütte, etc.



En breton, elle s'appelle beskennoù an Itron-Varia (dés de Sainte-Marie) ou, plus communément, brulu.
Une expression imagée pour se débarrasser de quelqu'un, pour l'envoyer "se faire voir ailleurs" : kae da strakal brulu war Menez Are! (va faire claquer les digitales dans les monts d'Arrée!) En effet, un autre jeu d'enfants consiste (consistait?) à gonfler une fleur de digitale avec sa bouche, d'en fermer l'orifice aussitôt et, d'un coup sec, de faire éclater l'objet. D'où son nom de pétard, clapet, craquerolle, pétereau, etc. dans certaines campagnes de France et pour la même raison croques, estallones en Espagne.

La langue sœur du breton, le gallois, utilise un mot proche, briallu, pour désigner une toute autre fleur, la primevère.


samedi 23 mai 2015

Jaune

Mai et juin voient la prolifération de la ravenelle maritime, Raphanus raphanistrum ssp. maritimus, un radis sauvage qui met du jaune sur les dunes.

vendredi 22 mai 2015

Bibich


Fin mai, la dune est couverte de lagures, encore appelés "queues de lièvre".
Au soleil couchant, ils prennent des airs de farfadets...
En breton local, on les nomme bibich, diminutif affectueux donné aux petits chats. En effet, leurs inflorescences soyeuses font, au toucher, penser à la fourrure d'un jeune chat.

jeudi 14 mai 2015

Naufrage en direct

Ce matin, vers 9 h, un de ces pêcheurs plaisanciers rase-cailloux qui mouillent leurs casiers entre Maen Skoedeg et Lenn ar Joa m'a semblé plutôt téméraire dans les rafales. Il manœuvrait bien près des roches.

Vers 10 h, j'ai machinalement porté le regard vers la mer et ai assisté en direct à son talonnage et son échouage sur l’extrémité de Beg ar Ranved. Moment d’inattention? Filin pris dans l'hélice? Panne de moteur?




Il a rapidement disposé des ancres, a sauté sur les rochers et a mis ses biens en sécurité. Il s'est démené un moment tout seul pour essayer de remettre le canot à flot. Par acquit de conscience, j'ai appelé le sémaphore ; le guetteur était déjà au courant et m'a indiqué que le propriétaire du bateau refusait des secours et comptait se débrouiller tout seul.




La mer montant, plusieurs personnes bien équipées sont venues en renfort et se sont échinées pendant 2 h à essayer de tirer le bateau hors de son piège.  La mer monte, le vent forcit. Ils abandonnent.



Si la coque résiste aux chocs contre les rochers, ce sera un coup de chance. Il n'y a pas eu de noyade, c'est un soulagement.

jeudi 7 mai 2015

Oίνοψ πόντος - Oinops pontos - La mer vineuse

L'expression "mer vineuse", oinops pontos, qui m'avait intrigué alors qu'adolescent je fréquentais le vieil Homère, m'est revenue ce soir en contemplant l'océan assombri par les nuages poussés par le vent d'ouest. 


J'avais lu que "vineux", "à l'aspect de vin", ne voulait pas forcément dire rouge, mais plutôt sombre, comme le breuvage préféré d'Ulysse.


J'ai trouvé à ce sujet un intéressant article de Caroline Alexander dans le Lapham's Quarterly.

Et pour poursuivre les réminiscences littéraires, voici peut-être ce que Rimbaud aurait appelé une "mer d'Ossian" (Métropolitain, Les Illuminations) :



vendredi 1 mai 2015

An inizi du

An Inizi du, ou plutôt 'n Inizi du, "les îles noires", c'était le surnom d'un pêcheur à l'époque où je hantais les grèves. Ce surnom lui avait été donné d'après son lieu de pêche favori situé au milieu de ces nombreuses roches noires dont la silhouette domine nos eaux littorales.


Avec la disparition du soleil, on a vu beaucoup d'îles noires ces temps-ci.
En ce premier jour de mai, la brume couvre la mer, les îles noires se sont transformées en îles fantômes.

samedi 11 avril 2015

Pas d'indignation sélective !



DILEM, caricaturiste algérien qui s'attaque depuis des années aux tartufes bêtes et sanguinaires de son pays, a raison. Médias français, Paris n'est pas le centre du monde !
A juste titre, l'horrible carnage perpétré dans une capitale européenne  a fait réagir instantanément les foules le 11 janvier dernier. Mais une vie supprimée par des barbares dans une capitale européenne a strictement autant de valeur qu'une une autre vie atrocement anéantie par eux, où que ce soit dans le monde. Deux poids deux mesures? Pas de ça s'il vous plaît, journalistes occidentaux, pas de ça citoyens d'Europe !
Les chrétiens égyptiens, irakiens, syriens, les yézidis, les écolières nigérianes ou afghanes, les étudiants kényans assassinés par des fanatiques décérébrés ne doivent pas être oubliés. Nous devons être Charlie et Copte et Assyrien et Syriaque catholique et Yézidi et écolière nigériane/afghane/pakistanaise et étudiant de Garissa et musulman modéré ou juif ou chrétien occidental ou bouddhiste ou athée ou agnostique menacés par les barbus délirants, tout cela sans exclusive.

jeudi 9 avril 2015

La beauté et son revers


En ce début du mois d'avril, les terrains sableux situés au sud de la baie d'Audierne sont couverts d'un manteau somptueux de tulipes et de jacinthes.
















Hélas, les visiteurs enthousiastes ne connaissent généralement pas les conditions dans lesquelles ces plantes à bulbe sont cultivées.
Pour obtenir des plantes impeccables, exemptes de parasites, les producteurs ne lésinent pas sur les traitements phytosanitaires et, comme le secteur est très venteux (il n'est pas pour rien un "spot" internationalement renommé de planche à voile et de kite-surf), les épandages "profitent" aussi aux riverains qui reçoivent souvent des aérosols toxiques jusque dans leur jardin et parfois même leur maison. On peut de temps à autre voir des rampes d'épandage s'activer non seulement lorsque le vent dépasse la force admise, mais également sous la pluie et même dans le brouillard...
Dommages collatéraux? L'économie bulbicole passe, dans l'esprit de certains, avant le bien-être et la santé des riverains qui, pour la plupart, habitaient les lieux avant le développement de ce type de culture. Cependant, à l'échelle nationale, la prise de conscience progresse. En juillet 2014, l'Assemblée nationale a voté un texte restreignant l'épandage de pesticides à proximité de zones sensibles. Mais les simples habitations ont été oubliées. Nous aurions bien besoin d'une Georgina Downs !

Le fond de la baie d'Audierne est un site d'importance européenne pour l'hivernage des oiseaux migrateurs. L'usage répété de biocides a fortement réduit la biodiversité des zones consacrées à la culture de plantes à bulbe, ainsi que celle des étangs littoraux proches où parviennent les eaux de drainage. En été, certains de ces étangs voient d'ailleurs leur niveau baisser de façon spectaculaire du fait de pompages peu scrupuleux -dépassant fréquemment les quotas de prélèvement autorisés- en vue de l'arrosage des champs de bulbes.

Aux Pays-Bas, il y a des années que les "tulipes toxiques" sont pointées du doigt par des scientifiques :

With the use of 1,5 million kilograms of pesticide and 16 million kilograms of artificial fertiliser, the flower-growing sector is among the most polluting types of agricultural industry in the Netherlands. (Kamphuis, E. 2002) 

Dans le berceau de la culture des bulbes à fleurs, des Hollandais conscients du caractère éminemment polluant de l'activité bulbicole développent des filières de bulbes "biologiques"Leurs compatriotes installés en Bretagne seraient bien inspirés de suivre cet exemple, malheureusement ils ne semblent pas prêts à opérer la mutation.