lundi 29 décembre 2014
dimanche 21 décembre 2014
Perched, and sat, and nothing more
We sometimes remind our visitors of the dark danger that lurks above their head before they enter our building.
Why?
Because, year after year, Morvran the Cormorant has seldom missed the target...
and often invited friends to come and share his jubilation after a successful fishing session in the nearby tidal river.
Why?
Because, year after year, Morvran the Cormorant has seldom missed the target...
and often invited friends to come and share his jubilation after a successful fishing session in the nearby tidal river.
samedi 29 novembre 2014
Enez Konk
Enez Konk, ce matin.
Un peu de vocabulaire breton :
- enez = île, au pluriel inizi = îles ; an inizi (avec l'article défini an) = les îles.
- konk = anse, port (du latin concha) ; d'où Konk Kerne (Concarneau en français), le Port de Cornouaille, et Konk Leon (le Port du Léon, Le Conquet en français).
Dans le cas présent, Enez Konk = l'île du port.
dimanche 23 novembre 2014
samedi 15 novembre 2014
An Eala Bhàn, le chant d'un îlien dans les tranchées de la Grande Guerre
En cette période de commémoration de la Grande Guerre, voici un chant gaélique écossais plein de mélancolie composé par un homme des îles de l'Ouest dans une froide tranchée (truinnsidh fhuar) du nord de la France :
L'auteur en est Dòmhnall Ruadh Chorùna a Uibhist a Thuath, "Donald le Rouge de Coruna" de l'île de Nord-Uist, dans les Hébrides extérieures, terres splendides et rudes du nord-ouest de l'Ecosse où survit encore le gaélique.
Domhnall était connu de l'état-civil comme Donald Mac Donald.
Domhnall a, par chance, survécu aux hécatombes de la guerre de 14-18. Gravement blessé lors de la bataille de la Somme en 1916, il put revoir son île et y a coulé de longs jours avec sa bien-aimée. Il y est mort en 1967.
An Eala Bhàn est magnifiquement interprété par Julie Fowlis, grande artiste gaélique elle aussi originaire de Uibhist a Thuath (North-Uist).
mercredi 5 novembre 2014
vendredi 31 octobre 2014
Pisse-vinaigre...
Après
le championnat du monde 2014 de
windsurf, l’anse située entre Pors Carn et Beg an Dorchenn est en ce moment
le « spot » de l’unique épreuve européenne comptant pour la coupe du monde
2014 de stand up paddle.
On se réjouit : beaucoup de participants aux épreuves, des visiteurs en grand
nombre (110 000 personnes pour la planche à voile), des journées
ensoleillées, de belles vagues, assez de vent, un paysage unique. C’est un
succès, les milieux économiques s’attendent à une arrivée massive de touristes et à une fréquentation accrue d’adeptes des sports de glisse.
Et
la protection de l'environnement ? Rassurez-vous, toutes les précautions ont été prises
pour ne pas répéter les dégradations de milieux dunaires fragiles que cette
portion de côte avait connues lors des championnats de 1986.
Du moins c’est ce que disent les organisateurs. Pour ma part, je n’en suis pas
si sûr. Malgré l'appartenance du site au réseau Natura 2000, malgré une sensibilisation du public par la presse, malgré les panneaux d'information, malgré les fils de fer destinés à la contenir, la foule n'a cure des interdictions de piétiner le front de dune déjà bien atteint par les tempêtes de l'hiver dernier :
"Ben, quoi? On est là pour s'amuser. Qu'est-ce que c'est que ce pisse-vinaigre?"
samedi 11 octobre 2014
Métaphysique des tubes
Cosa fare? Parla nel tubo!
Pas sûr que le designer italien Tobia Repossi, concepteur de jeux de plein air en inox, ait idée de la force et de la fréquence de nos tempêtes, de l'action corrosive de notre air chargé de sel...
Nous verrons bien au bout d'un an. D'ici là, soyons "beaucoup nombreux" (sic) ou "molto numerosi" à nous amuser à "parlare nel tubo".
lundi 6 octobre 2014
Mesuré est le lieu des sages et les enfants ont reçu le même mais immense !
Ma
mère était institutrice. J’ai passé toute mon enfance et mon adolescence dans des
logements de fonction exigus qui se trouvaient à l’étage, au-dessus des salles de classe. Nous
y avons vécu très heureux à six ou sept personnes dans deux petites
chambres, une cuisine qui a longtemps aussi fait fonction de salle d’eau (avant mes
douze ans, les toilettes se situaient à l’extérieur, j’avais dix-sept ans quand
nous pûmes enfin avoir accès à une douche) et une petite salle de séjour.
Deux lieux permettaient à la fratrie débordante de vitalité de s'exprimer sans retenue et de laisser quelques moments de paix à notre mère
(notre père, qui travaillait à la ville, rentrait tard, après la bataille) : un immense grenier, refuge
des jours de tempête, et surtout « la grève », distante d’une
centaine de mètres. La grève, portion de littoral rude, minérale, attaquée par les vagues, pleine de trous d’eau peuplés de créatures étranges, n’était
pas vouée au farniente des plages de sable fin.
Qu’il pleuve, vente ou fasse
soleil, c’était l’espace inégalé où nous donnions forme à nos rêves d’aventure.
Penn ar Beg, "le bout de la pointe",
était notre domaine ouvert sur un océan aux fortes marées, ponctué de noirs
récifs et dominé par un ciel immense dont la lumière sans cesse changeante avait souvent quelque chose de magique. C’était notre royaume sans pareil, enveloppé
du cri des mouettes et de la sourde clameur des brisants, empli des effluves iodées
des champs d’algues brassés par la
houle. L ’empreinte laissée dans nos têtes d’enfants par la grève est toujours présente bien des années après.
Quand
j’ai lu le poème d'Odysseas Elytis, « Parole de juillet », son évocation
de l’enfance et du temps qui passe a immédiatement touché une corde sensible. Ma grève et les
rivages familiers du poète grec ont sans nul doute un lien de parenté qui se joue des climats.
Iouliou
Logo / Parole de juillet (Les Élégies de la pierre tout-au-bout 1991)
Mesuré est le lieu des hommes
Et les oiseaux ont reçu le même mais immense !
Immense le jardin où à peine
Séparé de la Mort. (avant qu’elle ne me touche à nouveau
Déguisée) je jouais et tout m’arrivait aisément à hauteur de main.
Le petit cheval de mer ! Et de la bulle pfuit l’éclatement !
Le bateau rouge de la mûre sauvage courants profonds des
Feuillages ! Et le mât de misaine plein de drapeaux !
Que m'arrive-t-il à présent ? Mais c'était hier où j'ai existé
Et puis la longue longue vie des inconnus l'inconnue
Soit. Rien qu'en parlant joliment on s'épuise :
Comme le cours de l’eau qui d’une âme à l’autre
tisse les distances.
Et tu te trouves funambulant d’une Galaxie à l'autre
Alors que sous tes pieds grondent les précipices.
Et tu arrives ou non.
Oh premiers élans à peine esquisses sur mes draps. Anges féminins
Qui de là-haut me faisiez signe d'avancer dans toute chose
Puisque même si je tombais de la fenêtre
la mer de nouveau me servirait de monture
L'immense pastèque qu‘ignorant jadis j’ai habitée
Et ces filles de la maison, ces orphelines, à la chevelure défaite qui
avec
l’Intelligence du vent savait se déployer par-dessus les cheminées !
Une telle harmonie de l’ocre dans le bleu
qui vraiment te trouble
Et les écritures d'oiseaux que le vent pousse par la fenêtre
À l'heure où tu dors poursuivant l'avenir
Le Soleil sait. Il descend en toi pour regarder.
Car l'extérieur n’étant que reflet, c’est dans ton corps que la nature
demeure et de là
qu'elle se venge
Comme dans une sauvagerie sacrée pareille a celle lion ou de
l'Anachorète
Ta propre fleur pousse
que l’on nomme Pensée
(Bien que lettré, j'arrivai de nouveau là où la nage m’a toujours
mené)
Mesuré est le lieu des sages
Et les enfants ont reçu le même mais Immense !
Immense la mort sans mois ni siècles
Pas moyen de devenir adulte là-bas
De sorte que dans les mêmes chambres
les mêmes jardins tu retourneras
en tenant la cigale - Zeus qui d’une
Galaxie à l’autre promène ses étés.
traduction Angélique Ionatos
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