lundi 22 juin 2015
dimanche 7 juin 2015
samedi 6 juin 2015
Pourpre
Dans le collines, la vedette du moment est la digitale, la fleur annonciatrice de l'été.
Depuis la nuit des temps, des générations d'enfants ont spontanément enfilé leurs doigts dans ces belles fleurs pourpres, d'où leur nom en bien des langues : digitales, fox gloves, Fingerhütte, etc.
En breton, elle s'appelle beskennoù an Itron-Varia (dés de Sainte-Marie) ou, plus communément, brulu.
Une expression imagée pour se débarrasser de quelqu'un, pour l'envoyer "se faire voir ailleurs" : kae da strakal brulu war Menez Are! (va faire claquer les digitales dans les monts d'Arrée!) En effet, un autre jeu d'enfants consiste (consistait?) à gonfler une fleur de digitale avec sa bouche, d'en fermer l'orifice aussitôt et, d'un coup sec, de faire éclater l'objet. D'où son nom de pétard, clapet, craquerolle, pétereau, etc. dans certaines campagnes de France et pour la même raison croques, estallones en Espagne.
La langue sœur du breton, le gallois, utilise un mot proche, briallu, pour désigner une toute autre fleur, la primevère.
samedi 23 mai 2015
Jaune
Mai et juin voient la prolifération de la ravenelle maritime, Raphanus raphanistrum ssp. maritimus, un radis sauvage qui met du jaune sur les dunes.
vendredi 22 mai 2015
Bibich
Fin mai, la dune est couverte de lagures, encore appelés "queues de lièvre".
Au soleil couchant, ils prennent des airs de farfadets...
En breton local, on les nomme bibich, diminutif affectueux donné aux petits chats. En effet, leurs inflorescences soyeuses font, au toucher, penser à la fourrure d'un jeune chat.
jeudi 14 mai 2015
Naufrage en direct
Ce matin, vers 9 h, un de ces pêcheurs plaisanciers rase-cailloux qui mouillent leurs casiers entre Maen Skoedeg et Lenn ar Joa m'a semblé plutôt téméraire dans les rafales. Il manœuvrait bien près des roches.
Vers 10 h, j'ai machinalement porté le regard vers la mer et ai assisté en direct à son talonnage et son échouage sur l’extrémité de Beg ar Ranved. Moment d’inattention? Filin pris dans l'hélice? Panne de moteur?
Il a rapidement disposé des ancres, a sauté sur les rochers et a mis ses biens en sécurité. Il s'est démené un moment tout seul pour essayer de remettre le canot à flot. Par acquit de conscience, j'ai appelé le sémaphore ; le guetteur était déjà au courant et m'a indiqué que le propriétaire du bateau refusait des secours et comptait se débrouiller tout seul.
La mer montant, plusieurs personnes bien équipées sont venues en renfort et se sont échinées pendant 2 h à essayer de tirer le bateau hors de son piège. La mer monte, le vent forcit. Ils abandonnent.
Si la coque résiste aux chocs contre les rochers, ce sera un coup de chance. Il n'y a pas eu de noyade, c'est un soulagement.
Vers 10 h, j'ai machinalement porté le regard vers la mer et ai assisté en direct à son talonnage et son échouage sur l’extrémité de Beg ar Ranved. Moment d’inattention? Filin pris dans l'hélice? Panne de moteur?
Il a rapidement disposé des ancres, a sauté sur les rochers et a mis ses biens en sécurité. Il s'est démené un moment tout seul pour essayer de remettre le canot à flot. Par acquit de conscience, j'ai appelé le sémaphore ; le guetteur était déjà au courant et m'a indiqué que le propriétaire du bateau refusait des secours et comptait se débrouiller tout seul.
La mer montant, plusieurs personnes bien équipées sont venues en renfort et se sont échinées pendant 2 h à essayer de tirer le bateau hors de son piège. La mer monte, le vent forcit. Ils abandonnent.
Si la coque résiste aux chocs contre les rochers, ce sera un coup de chance. Il n'y a pas eu de noyade, c'est un soulagement.
jeudi 7 mai 2015
Oίνοψ πόντος - Oinops pontos - La mer vineuse
L'expression "mer vineuse", oinops pontos, qui m'avait intrigué alors qu'adolescent je fréquentais le vieil Homère, m'est revenue ce soir en contemplant l'océan assombri par les nuages poussés par le vent d'ouest.
J'avais lu que "vineux", "à l'aspect de vin", ne voulait pas forcément dire rouge, mais plutôt sombre, comme le breuvage préféré d'Ulysse.
J'ai trouvé à ce sujet un intéressant article de Caroline Alexander dans le Lapham's Quarterly.
Et pour poursuivre les réminiscences littéraires, voici peut-être ce que Rimbaud aurait appelé une "mer d'Ossian" (Métropolitain, Les Illuminations) :
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