mercredi 18 mars 2015
samedi 7 mars 2015
dimanche 1 mars 2015
The eternal swelling of the sea
Pas
un surfeur dans l’eau ce matin à l’heure où je vais humer l’air chargé d’embruns.
A la pointe, je retrouve brièvement l’atmosphère de ces instants enfuis où, alors étudiant, je passais régulièrement quelques heures blotti dans le creux d’un rocher abrité du vent pour lire ou réviser un oral d'examen.
Mais l’illusion que ce lieu est toujours loin du monde des hommes ne dure pas, les visiteurs ne tardent guère à affluer.
Comme souvent ici, les
trains de vagues se succèdent dans un grondement incessant.
Je
songe à l’élégie écossaise «La houle sans fin », traduite en anglais
depuis le gaélique par Iain Crichton Smith (Iain Mac a' Ghobhainn), poète qui a passé sa jeunesse sur l’île de Leòdhas (Lewis en anglais), dans
les Hébrides.
The eternal swelling
of the sea
The eternal swelling of the sea,
listen to its high boisterous noise.
As it was in my youth
is the great sound of the seas,
pitiless, unchanged,
mixing the sand of the shore,
the eternal swelling of the sea,
listen to its high boisterous roar.
Each wave with its crest
restless, sonorous, white,
with imperious haste
surly, plumed, unafraid.
But its speed will be checked
at the brink where the other ones died
as the people have
gone
who once in this town would reside.
(…)
Traduit du gaélique écossais par /Translated from
Gaelic by Iain Crichton Smith (in Towards the human, 1986)
samedi 28 février 2015
Lapsus linguae atlanticus
L’heure
des ateliers techniques a sonné. Des groupes compacts se dirigent dans le
brouhaha vers les espaces réservés aux exposés d’experts. Le thème de l’événement
médiatique est la gestion de l’eau, aussi les salles aménagées dans l’immense pavillon
du parc des expositions sont-elles affublées de noms de mers et de fleuves :
Atlantique, Méditerranée, Baltique, Tamise, Nil, etc.
Égaré,
un homme de l’Ouest extrême est bientôt rassuré par le panneau annonçant le
stand que je tiens. C’est une sorte de consulat informel de son bout de pays à
250 km de son port d’attache. Confiant, il m’aborde, énonce l’intitulé de l’exposé qui
l’intéresse et me demande de lui indiquer l’endroit où il est présenté. Je
m’entends lui répondre posément : « salle Titanic ! ». Je
précise même, joignant le geste à la parole : « la salle Titanic se
trouve par là ! » Il me remercie et s’empresse de suivre quelques
retardataires. J’essaie aussitôt, mais sans succès, de le rattraper, car ce « Titanic »
réitéré est un lapsus, il n’existe pas. Je voulais bien sûr dire
« Tamise »…
Dr
Freud, pourquoi cette allusion répétée de mon inconscient au naufrage des naufrages ?
Je crois que je le sais… et je le garderai pour moi. Courage, le canot de
sauvetage est paré, il reste à ramer.
lundi 16 février 2015
dimanche 1 février 2015
dimanche 18 janvier 2015
Moged du
Cet après-midi, en quittant mon journal des yeux, j'ai aperçu de drôles de nuages sombres poussés par le vent du nord. Ils m'ont aussitôt rappelé le moged du, la fumée noire que les enfants s'efforçaient jadis de produire en brûlant des pneus usagés lors du Tan Gouel Yann (feu de la Saint Jean), pour impressionner les copains. A l'époque où la pollution atmosphérique et l'effet de serre étaient des concepts inconnus de nous, les quartiers (rien à voir avec les banlieues parisiennes...) rivalisaient de ruse et d'audace -des coups de main nocturnes étaient parfois organisés- pour être en possession, le soir dit, du stock de vieux pneus le plus imposant.
En montant à l'étage, j'ai pu voir que la fumée provenait du port.
Ce n'est pas une réserve de vieux pneus qui a brûlé, mais un important stock de filets de pêche en polyéthylène, entreposé à l'extérieur, près des locaux d'un armement de navires. Origine accidentelle ou intention de nuire? Notre inspecteur Barnaby local mène son enquête.
PS : deux jeunes garçons ont joué avec un briquet...
PS : deux jeunes garçons ont joué avec un briquet...
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